Travailler pour prévenir et réduire les infections

Dr Dao Nguyen

Au cours des 60 dernières années, la communauté de la recherche sur la fibrose kystique (FK) a fait de grands progrès qui ont permis d’améliorer la qualité de vie et les soins offerts aux patients atteints de FK. Et ces progrès se poursuivent aujourd’hui. En fait, les nouvelles découvertes et les recherches en cours continuent de changer la façon dont les soins sont prodigués aux personnes fibro-kystiques. C’est grâce aux progrès de la recherche que le traitement antimicrobien, qui tue ou inhibe la croissance de micro-organismes comme les bactéries, les champignons ou les protozoaires, a pratiquement fait doubler l’espérance de vie des Canadiens atteints de FK. En dépit de ces progrès, les infections bactériennes continuent de provoquer des exacerbations pulmonaires et d’augmenter le risque de décès chez ce groupe de patients. Pour réduire ces risques, on aura souvent recours à des antibiotiques inhalés. Même en prescrivant une antibiothérapie intensive, les bactéries peuvent toujours se développer dans les voies respiratoires, générant des infections chroniques.


Pseudomonas aeruginosa est la plus connue de ces bactéries, et la plus répandue chez les adultes atteints de FK. Pire encore, P. aeruginosa peut survivre à une antibiothérapie, même lorsque les laboratoires cliniques diagnostiquent la bactérie isolée comme étant sensible aux antibiotiques. Pour couronner le tout, P. aeruginosa peut produire un arsenal de toxines qui provoquent une inflammation des voies respiratoires des personnes fibro-kystiques. Il est essentiel de trouver un moyen de tenir cette bactérie nocive à distance pour garantir des soins à long terme aux patients. Heureusement, de nouvelles recherches sont porteuses d’espoir à cet égard.


Des chercheurs canadiens spécialistes de la FK de l’Université McGill s’efforcent de comprendre la meilleure façon d’empêcher P. aeruginosa de se développer dans les voies respiratoires des personnes fibro-kystiques. Le Dr Dao Nguyen et son équipe, dont les travaux sont financés par Fibrose kystique Canada, ont récemment publié une étude qui décrit en détail comment P. aeruginosa peut survivre à une antibiothérapie intensive. Ils ont constaté que certains enfants atteints de FK étaient toujours porteurs de P. aeruginosa un mois après que la bactérie ait été détectée pour la première fois, et ce, même en ayant suivi une antibiothérapie biquotidienne.


Certaines cellules immunitaires sont spécialisées dans la destruction des bactéries. L’une des façons mises en œuvre pour y parvenir est de les avaler. L’équipe du Dr Nguyen a constaté que, et cela constitue la principale conclusion de l’étude, les cellules de P. aeruginosa ayant survécu à un traitement antimicrobien démontraient une plus grande résistance aux cellules immunitaires.

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DES PISTES POUR DE FUTURS TRAVAUX DE RECHERCHE
 

Grâce à leurs travaux, le laboratoire Nguyen a mis en évidence l’importance d’étudier la manière dont P. aeruginosa interagit avec le système immunitaire d’un patient atteint de FK. La capacité d’une population de P. aeruginosa à résister à une antibiothérapie peut dépendre soit de la capacité du système immunitaire à tuer les cellules, soit de la capacité de la souche de P. aeruginosa à échapper au système immunitaire. Dans les deux cas, cela ouvre la voie au développement de nouveaux traitements qui favoriseront l’élimination des populations de bactéries infectieuses par les cellules immunitaires.


 Dre Dao Nguyen

Professeure agrégée, Département de médecine, Université McGill

Médecin, Division de pneumologie, Centre universitaire de santé McGill

Chercheuse, Laboratoires Meakins Christie et programme RESP, Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

Directrice, Centre de résistance antimicrobienne McGill

CONTRIBUTEUR AU BLOGUE

Paul Naphtali est un bénévole chez FK Canada et un candidat au doctorat qui étudie les communautés microbiennes dans les voies respiratoires des personnes fibro-kystiques et les infections par les souches épidémiques dans les prairies. La thèse de Paul porte sur l’identification des gènes qui peuvent contribuer à la dynamique des infections microbiennes dans les voies respiratoires des personnes fibro-kystiques par le séquençage de l’ARN. Ses spécialités de recherche comprennent la microbiologie, la bioinformatique et l’analyse de l’expression génétique.

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